Société Française de Psychanlyse Adlérienne


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Alfred Adler

Alfred Adler (1870-1937) fut l'un des pionniers de la psychiatrie et de la psychologie modernes. Précoce collaborateur de Sigmund Freud et certainement l'un des plus influents, Adler, comme Karl Jung, s'est par la suite éloigné de l'orthodoxie psychanalytique attachée au seul point de vue de Freud et a évolué vers sa propre approche, une psychanalyse libre définie psychologie individuelle. Sa principale différence théorique avec Freud a tenu de sa conviction sur l'importance de la fonction des interactions interpersonnelles dans la construction de la personnalité qu'il estime plus important, sinon à l'origine des conflits intrapsychique; ils étaient en désaccord sur la nécessaire prise en compte du milieu familial aussi bien que sur l'usage du conseil orienté en psychothérapie.

SES DEBUTS

Adler fait ses études médicales à l'école de médecine de l'université de Vienne, il débute sa pratique en cabinet privé en 1898, dès l'obtention de ses diplômes universitaires de l'école de médecine de Vienne. En 1902, il se rapproche de l'auteur de « l'interprétation des rêves », Freud, dont il partage le point de vue et n'admet pas le procès qui lui est fait. Il rejoint les mercredis de la société psychologique, devenu plus tard la société psychanalytique de Vienne. Il y est assidu, participe aux discutions et fait part de ses travaux sans pour autant, jamais être un disciple de Freud.

LES RAPPORTS AVEC FREUD

Ces rapports cordiaux et confraternels au début vont progressivement tendre aux conflits quand Adler vient à contester l'affirmation de Freud selon laquelle la pulsion libidinale serait la pulsion fondamentale qui détermine le comportement humain. Il y oppose la pulsion agressive, archaïque qui advient du substrat organique, et dont la libido plus élaboré n'en serait qu'un avatar. Contrairement à la topique de Freud proposant une division de la personnalité dans l'identification, en ça, moi, et surmoi, Adler propose l'unité interne en tant que moteur à la base de la construction du sujet et rassemblant l'intellect, le soma et la psyché.

Adler quitte la société psychanalytique en 1911. Il y a un certain désaccord à déterminer la nature de la rupture, à savoir si elle fut volontaire ou sur l'insistance de Freud. Freud l'a écrit, en 1911, qu'il « commençait à être sérieusement insupporté par la paranoïa d'Adler et désirait ardemment trouver une occasion pour l'exclure... particulièrement depuis qu'une représentation d'Oedipe Roi laisse, ici, entrevoir la tragédie comme « référence de la théorie de la libido. » « Donnant à Adler le rôle du « redivivus de Fliess, » Freud note également que le prénom de Stekel est Wilhelm, suggérant que sa relation aux deux lui évoquait la fin de son amitié avec Wilhelm Fliess en 1901, en raison du fait qu'il décrivait aussi une paranoïa chez Fliess.

RECHERCHE POSTFREUDIENNE

La psychologie individuelle dans la conception d'Adler se reporte à la nature indivisible de la personnalité humaine, contrairement au concept de Freud d'une topique de la personnalité tripartite ça, moi et surmoi. Cependant, il n'internalise pas la personnalité d'un individu, mais l'analyse dans son rapport avec la société. Selon la conception adlérienne de la société, les êtres humains doivent se battre pour définir leur place dans l'existence et doivent surmonter dès le début un état de pré maturation, à l'origine des sentiments d'infériorité, par la construction des buts personnels et subjectifs. L'accent adlérien est mis sur l'unité de l'esprit, corps et esprit et les interactions entre les individus et la communauté humaine. Influencé par « la philosophie du comme si » du philosophe néokantien, Hans Vaihinger, Adler prétend que « Tout se passe comme si le monde était ce qu'on imagine », il soutient que le psychisme humain génère le plus souvent inconsciemment les fictions et artifices servant à la protection et à la stimulation nécessaires à son développement. La fiction fondamentale de la psyché est le but fictionnel de supériorité. Tandis qu'Adler écrivait et étendait son influence, son activité principale demeurait celle de praticien, aussi bien en qualité d'éducateur que de thérapeute. Sa propre école psychanalytique, d'abord appelée la société pour la psychanalyse libre, devient la société pour la psychologie individuelle en 1913, un terme qu'il a employé non-plus pour se séparer du courant originel de la psychologie des profondeurs, mais pour distinguer ses travaux des deux autres courants, freudiens et jungiens. Bien qu'il ait publié de nombreux articles et livres dès 1898, il était avant tout un praticien. À Vienne, il décrit l'importance du Gemeinschaftsgefühl (sentiment d'appartenance communautaire) dans le développement de la personnalité, il initie et développe la pratique des méthodes Médico psychopédagogiques et crée des équipes de conseil d'enfant dans les écoles de Vienne. Ce fut le point de départ des premières « consultations de soutien familial » dans les écoles d'état de Vienne. Nommé professeur en 1924, à l'institut pédagogique de Vienne, il vit ses disciples fonder des jardins d'enfants et finalement, plus tard, l'école expérimentale de l'équipe Oskar Spiel, Birbaum et Scharmer (1931/1934). On lui doit les premières consultations médico-psycho-pédagogiques, occasion de formation des maîtres autant que de prévention des troubles psychiques chez les enfants.

En route pour l'Amérique en 1926, il fait escale à Paris, accueilli en Sorbonne, il donnera une conférence où il compte parmi ses auditeurs Jean Paul Sartre et Paul Minder. Avec la montée des idéologies nazies, ayant pressenti la fin tragique de sa fille aînée en URSS, au procès de Moscou, et l'asservissement d'une partie importante de l'Europe par le nazisme, il migre aux Etats-Unis à partir de 1929, et met en place des structures équivalentes à celles des écoles de Vienne. Il enseigne à la Columbia University de New York, tout en dirigeant une clinique ambulatoire à Vienne. En 1932, il est nommé professeur au Long Island Medical College, et continuera, en outre, à travers toute l'Europe, des tournées de conférences jusqu'à la fin de sa vie.

En 1937 au cercle Laënnec, à Paris, seconde conférence organisée par le diplomate anglais Forbes Dennis et le docteur James Moore, sous la présidence du R.P. Riquet et du professeur Jean Lhermitte. A la suite il se rend à La Haye et à Aberdeen en Ecosse où il meurt d'une crise cardiaque.